Mardi 18 novembre 2025.
Lotissement les Oréades, FRANCE. Planète TERRE.
___En introduction de cette lettre, j’aimerai adresser des remerciements intemporels à toutes les personnes de ma vie, peu importe la nature de notre relation et la durée du temps passé ensemble. Merci à toutes, à tous, visibles et invisibles, sans distinction aucune entre les humains, les animaux, les guides, ou que sais-je encore de votre nature…
___Avec les yeux, la bouche et les bras de mon cœur, je vous prie de recevoir toute ma gratitude, accompagnée de l’amour que vous avez aidé à garder malgré les tempêtes. Et nous en prendrons soin encore et encore, dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. 💓
Résumé de ma vie jusqu’à aujourd’hui
___Au moment où vous lisez ces lignes, imaginez-vous en ma compagnie depuis un espace paisible et serein de votre choix. En petit bruit de fond, j’ai lancé pour l’occasion une playlist nommée « Force Tranquille ». Que ce soit la première fois que nous nous rencontrons ou que nous nous connaissions déjà, nous sommes assis dans un salon confortable, dans une ambiance chaleureuse, intime et accueillante. Alors que la neige tombe dehors, c’est le soir, la nature se prépare silencieusement pour la nuit, tout est calme. Même si l’on voit peu les étoiles, le manteau blanc et immaculé éclairé par la lune paraît si confortable que, peut-être, on sera tenté d’aller s’y coucher pour faire nos « silhouettes d’anges » avant de rentrer au chaud pour dormir.
___A l’intérieur, près d’un feu de bois crépitant dans une ancienne cheminée en pierre noire, nous tenons entre nos mains une boisson (pour ma part, un chocolat chaud au miel), ainsi que quelques petites friandises qui sont à notre disposition pour grignoter. Nous discutons, sans aucune limite de temps ou de sujet. Un moment partagé, bienveillant, d’âme à âme.
___Je passerai très vite sur mon enfance, car bien qu’elle ait posé les premières briques de ma vie ce n’est pas le sujet que je veux aborder ici. De plus, si vous n’en connaissez pas les détails, je m’en suis déjà suffisamment confiée publiquement et ce contenu est disponible sur mes réseaux. La seule chose nécessaire à rappeler est la suivante : bien qu’il y ait eu de nombreux moments de bonheur, j’ai subi de mes 4 à mes 5 ans un traumatisme qui a ensuite été occulté par une amnésie traumatique jusqu’à mes 30 ans. Me laissant une douleur sourde et incomprise de moi-même.
___À partir de mes 17 ans, après une âme malade et un deuxième traumatisme, je fais des débuts dans la vie qui, à partir de mes 20 ans, vont partir pour 10 ans d’errance et de quête d’inconnu. Aujourd’hui, avec le recul, je dirai que possédant au fond de moi cette blessure orpheline, j’avais finalement cette sensation de vide intérieur. L’amnésie avait mis un drap sur cette histoire, et il était si bien placé que cela créait une illusion d’optique de puits sans fond. Alors j’ai fui. Relations sociales toxiques, début des thérapies, des galères. J’avais soif d’occupations et d’aventures, je voulais faire mes expériences car j’avais peur de rater quelque chose si je restais cette fille sage à la maison. Je savais que ce n’était pas le monde des Bisounours dehors, mais je voulais le connaître car après tout, c’est dans ce monde que nous vivons tous. Mais cette soif de découvertes n’était qu’une fuite. Je ne voulais plus me regarder sous prétexte de regarder les autres. Je voulais m’oublier, oublier ce que j’avais oublié.
___Alors cela m’a menée à beaucoup d’autres souffrances et je me suis enfoncée. Au moins, à ce moment là, j’avais une raison d’avoir mal. J’ai emmené des gens avec moi, aveuglément. D’autres ont également souffert de mes erreurs. Finalement je ne faisais que me saigner car enfin je saignais à l’extérieur et plus seulement à l’intérieur.
___À la fin de cette dizaine remplie d’auto-destruction et de traumas supplémentaires, perdant une fois de plus l’envie de vivre, je me retrouve seule, mère d’un fils tout petit dont j’ai la garde.
___Là non plus je ne m’étendrais pas car encore une fois j’ai partagé ce déclic autour de moi.
___Et quel déclic ! Guérison encore et encore, amnésie traumatique qui fait soulever le drap des saletés de mon enfance. Choc. Guérison. Envie de mieux. Envie d’une vie heureuse jusqu’à une mort « naturelle », moins pénible (je le dois à mon fils, c’est ma responsabilité de mère). Les marches s’enchaînent, à coups de murs en plein visage, parfois même des bus, résultant de cette fille brisée qui doit trouver le bon mélange pour son ciment de résilience.
___Aujourd’hui, j’ai si bien avancé dans ma guérison « de tout » que mon monde intérieur a complètement changé. Je suis partie d’une maison vétuste et bien trop abîmée par les tempêtes. J’ai emménagé dans une nouvelle demeure moderne, neuve et lumineuse. Grâce à mes apprentissages, j’ai pu y poser des bases saines et solides. Elle est pile à la bonne taille, les pièces sont bien aménagées et aérées, le toit est réfléchi et sagement posé, me mettant à l’abri des intempéries.
___Bien que j’ai choisi cette métaphore pour mon monde intérieur, je suis quand même consciente de la réalité. Lucide. Aurais-je seulement terminé cette guérison quand je passerai de l’autre côté ? Je n’ai pas la réponse à cette question, comme à beaucoup d’autres. Je pense que c’est le chemin d’une vie. Et puis, tant qu’on est là, il nous reste autant de magnifiques paysages que de gouffres à dépasser.
Je n’ai rien besoin de prouver
___Aujourd’hui, je suis cette femme qui a transmuté son passé. Nettoyée, je n’ai plus aucune raison de regarder en arrière. Je ne peux pas et ne désire pas brûler ces bouquins, ils sont rangés dans un coin et je les ai scellés. L’histoire est écrite et c’est bon, elle peut prendre la poussière à tout jamais. Plus de boulets, plus de conséquences sur ma vie et ma santé mentale.
___Je ne peux pas dire que je sais avec certitude ce que le futur me réserve. Alors pas la peine de s’angoisser pour des choses qui n’existent pas encore, non ?
___Voilà qui je suis, dans le présent : une femme de 31 ans, forte, très forte. Oui, j’ai du caractère et du courage, je n’ai pas peur de le dire car après avoir traversé tout ça, dire le contraire serait mensonge.
___Oui j’ai des défauts et quelques vices. Bien sûr, je hais l’hypocrisie et n’aime pas la vantardise. Mais écoutez, je suis consciente de mes limites, de mes « faiblesses ». Je n’ai aucune honte et je suis fière de la personne pleine d’énergie que je deviens chaque jour. Je me connais mieux que jamais. Alors oui, rien n’est figé et « je sais que je sais rien »…
___Je me suis retrouvée. J’ai commencé à m’aimer, à me respecter et à prendre confiance en moi. C’est un défi de tous les jours. Enfin, j’aime la vie, j’aime les autres et je n’ai plus peur d’eux, de vous.
___Ce retour à soi me permet enfin le retour à l’autre. C’est avec humilité et recul que je prends dès l’instant ce virage dans ma vie.
Le don de soi dans la souffrance de l’autre
___Cela fait quelques mois que je ressens le désir de m’engager bénévolement auprès de personnes en souffrances pour leur apporter ma compagnie et les bonnes énergies inclues dans le package.
___Le monde de maintenant est encore bien trop sombre, même si ma vie est radieuse comme un tournesol au soleil. Je n’ai aucune prétention, mais si je peux au moins montrer ma lumière intérieure à ceux qui peinent à garder la leur, voire même à ceux chez qui elle s’est éteinte… Qu’ils désirent ou non la rallumer, déjà montrer que c’est possible.
___Certes, je ne souffre pas d’une affreuse maladie ou ne possède pas une date de départ écourtée. Cependant, une douleur est une douleur, aucune n’est comparable, chacune mérite d’être reconnue et respectée.
___Vraiment, je ne veux forcer personne à rallumer sa lumière ou à quoi que ce soit, ce n’est pas ma place. Mais apporter ma présence, ma bonne humeur, ma positivité et tout ce qui fera du bien. Tout ce qui pourra soulager un petit peu le temps qui passe, même quelques instants.
___J’hésitais entre m’engager auprès de personnes âgées, en soins palliatifs, en fin de vie… J’ai finalement choisi de tenter auprès d’une association qui accompagne les personnes en soins palliatifs.
___J’ai déjà eu quelques réactions de mon entourage. Oui, je sais. Je sais que c’est dur. Je sais que les souffrances là-bas sont très difficiles. Je n’ai pas peur, j’ai les épaules. Je suis certaine de pouvoir apporter quelque chose de nécessaire aux personnes restant en ces lieux aseptisés.
___J’ai parcouru le site web de l’association afin de me renseigner et de prendre contact. Le rôle que j’occuperai peut-être (j’espère ! 🤞) est clair et je me sens tout à fait d’y trouver une place.
___Même si l’expérience et le savoir de mon activité professionnelle me sera utile afin d’éviter certains faux pas, je suis consciente et soulagée de ne pas venir pour « soigner » ou en tant que « thérapeute ». Ouf ! Tout le monde est sur la même longueur d’onde sur les rôles à ne pas incarner et j’apprécie que cette part des choses soit si claire dès le départ dans la description de la mission des bénévoles. Ce qui me plaît aussi, c’est le fait que l’on soit formé avant d’accompagner qui que ce soit. Pour moi, tout est toujours bon à apprendre afin d’exécuter au mieux cette mission. À défaut de soigner qui que ce soit, il est pour moi essentiel de soigner au maximum la qualité de la présence que je vais proposer. Enfin, le fait d’être accompagnée par un bénévole plus aguerri lors des premières visites est vraiment top.
___Maintenant que j’ai compris comment revenir à moi quand j’en ai besoin me permet de me dédier à 100 % aux autres une fois que j’ai terminé de recharger les batteries.
____Je n’ai aucune prétention de vouloir sauver qui que ce soit. Le syndrome du sauveur est proprement travaillé et est dans les archives avec le reste.
___Ce que je souhaite, dans la mesure des possibles de tout le monde (en m’incluant aussi), c’est « être au service » afin d’accompagner les personnes qui veulent de moi avec une seule chose : ma présence, mon temps, ma compagnie.
___« Un don de soi », pour un peu de « moins ». Moins d’ennui, moins de toutes ces choses qui assombrissent le temps passé dans ces structures.
Je n’ai pas peur
___La mort, la maladie, tout ce qui gravite autour de ces deux choses, rien de tout cela ne me fait peur. C’est une réalité de la vie à laquelle j’ai malheureusement déjà été confrontée.
___J’ai déjà accompagné des vies jusqu’à la fin. J’ai attendu, parfois seule, (trop jeune), à leurs côtés jusqu’à leur dernier souffle. Des moments difficiles, qui nous mettent face à une certaine impuissance quand on ne peut pas agir sur les douleurs du corps, ni sur les douleurs de l’âme. Dans ces moments là, on se retrouve face à une évidence : la seule chose que l’on peut donner, c’est notre amour. Tenter de rassurer si c’est nécessaire (demandé). Partager comme on peut la douleur. Cette tâche n’est pas simple car il ne s’agit pas de dire. Il s’agit de faire ressentir à quel point on aime et garder précieusement la certitude dans la tête de l’autre que ça ne changera pas. L’acceptation finale…
___Bien sûr, il m’arrivera peut-être d’être effrayée parfois, d’avoir peur d’y aller, je reste humaine, comme nous tous. Ici, point d’inquiétudes : une personne que j’admire et que je respecte m’a appris dans mon adolescence à ne jamais abandonner. Même quand on a peur, on rassemble son courage et on y retourne ! Quand on tombe, on se relève, et on remonte tout de suite. On persévère, on fait de son mieux ! Ce mental de battante, c’est ma monitrice d’équitation qui me l’a transmis. Sylvia, si tu tombes sur ces lignes : merci d’avoir été cette personne qui a révélé toutes ces qualités en moi alors que moi-même je n’y croyais pas. 🐎
Qui et comment
___Nous arrivons enfin à la (presque) fin de cette lettre. Enfin ! Il est tard et je tiens à ma photo dans la neige complètement enfoncée dedans, un air idiot et heureux sur le visage.
___Voici un descriptif de « qui » j’amènerai en tant que bénévole, avec le « quoi » et le « comment ». C’est un colis complet, un pack clé en main ! 📦
🍀Marion, nom de famille -DUFFOUR- , cependant j’aimerai qu’il soit inscrit plutôt –RAYONNE-. Bien sûr rien à voir avec l’entreprise du même nom, seulement ça a le mérite de donner le ton.
Positive, humaine, ne confond pas pitié et compassion (n’aime pas du tout la pitié d’ailleurs). Bienveillante, motivée. Humour plutôt développé mais peu qualitatif. Auto-dérision livrée avec. Amour, franchise, manque de tact : seul aspect peut-être à travailler. Rire bruyant mais contagieux. Éternelle optimiste (et lucide), ne comprend pas le concept du verre à moitié vide. 🤨 Ouverte à tous les sujets, capacité à ne pas apporter ses opinions et à respecter celles des autres. Qualité d’écoute.
🍀Marion sait engager le dialogue, tenir une conversation et même faire des monologues si nécessaire. En cas de monologue, les propos tenus peuvent tourner en ridicule ; attention aux jeux de mots très peu recherchés qui peuvent surgir à tout moment. Pour arrêter la machine, le mot de passe est : « chut ».
Marion est capable aussi de se taire si nécessaire. Rester en silence est possible, selon ce qui est le plus apprécié. Marion ne sera jamais « embêtée » par les personnes ou par leur discours. Les personnes qui auront peur de déranger ou de « trop parler » seront vite rassurées.
🍀Elle est spirituelle et n’a aucune intention de faire de prosélytisme ou de convaincre de quoi que ce soit. Elle peut partager sa vision et ses convictions mais aussi les garder pour elle. Marion respecte à 100 % les croyances des autres. Peu importe de quoi il est question, son état d’esprit contient le sens du partage, dans un sens ou dans les deux. Parler de la mort et de tous les sujets difficiles n’est pas un problème : elle aura toujours ses deux oreilles prêtes à écouter et à accueillir ce qui sera partagé. (Sans oreilles, autant pas venir !)
🍀Marion n’excelle pas dans le travail d’équipe et fonctionne de manière autonome sans soucis. Cependant, entre bénévoles et personnes partageant la même mission, même l’animal le plus sauvage peut être amadoué. 😸 Elle sait reconnaître ses erreurs et est capable de demander de l’aide si elle en a besoin. C’est une personne polie et respectueuse. Elle peut paraître timide parfois : cela arrive quand elle cherche ses mots et qu’elle ne veut pas être maladroite, elle cherche la bonne formulation pour être comprise. Elle préfère s’assurer des choses si elles ne sont pas claires et n’aime pas les non-dits. Les malentendus ont une durée de vie très courte. Pour elle, mieux vaut être reloue 5 minutes plutôt que de laisser une erreur arriver ou une situation tourner mal.
___Bon, je crois qu’on a lu toutes les spécifications du produit. Pour le reste, vous verrez bien au fur et à mesure. Le pack est garantit à vie, ainsi que l’auto-S.A.V vendu avec. 🎁
Conclusion
___Nous voilà donc à la fin de notre soirée, je pense vous avoir bien présenté le virage que je souhaite prendre.
___Vous savez d’où je viens et qui je suis. Par dessus tout, vous savez qui je souhaite « offrir » aux autres.
___Consciente que cette expérience dans tous les cas aura un impact significatif sur ma vie et moi-même, je suis prête à surmonter les difficultés car je sais qu’à la fin, j’aurai vécu des moments humains ô combien enrichissants.
___Bien qu’adulte et plutôt mature, j’ai hâte de continuer à grandir aux côtés de tout ce monde. Il est hors de question que je garde ce que je peux apporter au monde pour moi. Il est de mon devoir d’y partager et de mettre en commun.
___Aujourd’hui, je veux vivre et je sais qu’il y a toujours quelque chose à tenter. De l’amour à démultiplier.
Merci de m’avoir lue.
Marion Rayonne.
💛
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